Dictionnaire des Saints guerisseurs et des Saints dont le nom est associé à une maladie par le Docteur Michel Dupont

Jusqu’au XIXe siècle, l’efficacité de la médecine était très modeste, et les malades préféraient s’adresser aux saints guérisseurs. On donnait les noms des plus célèbres d’entre eux aux maladies qu’ils étaient censés guérir :

Firmin

Son culte fut très répandu en France et dans le nord de l'Espagne ; il est invoqué contre les furoncles, les ulcères et les rhumatismes.

Leopold

Né à Melk en 1073, Margrave d'Autriche, parent de Frédéric Barberousse, il transforme son palais en asile pour les pauvres et les orphelins ; il fonda les abbayes de Klosterneuburg et de Mariazell ; sa fête est un jour férié en Autriche ; il est réputé soulager les douleurs abdominales.

Lazare

Mal de Saint Lazare ou Ladre : La lèpre

D'une riche famille juive, frère de Marthe et Marie-Madeleine, les saintes femmes de l'Évangile, il est maltraité ainsi que ses sœurs en l'an 35 et mis dans un bateau qui aurait navigué jusqu'à Marseille, dont il devint le premier évêque. Emprisonné pour ne pas avoir sacrifié aux idoles, il fut décapité. Sa tête serait restée à Marseille, et les reliques de son corps transportées à Autun.

Apolline

Jeune fille vivant à Alexandrie, en 248, lors du massacre des chrétiens, on lui brisa d'abord la mâchoire et les dents puis, comme on lui donnait le choix entre l'apostasie et le bûcher, elle se précipita dans les flammes ; invoquée pour les maux de dents, l'iconographie la montre une tenaille entre les dents.

Aignan (358 - 453)

Évêque de Chartres, il aurait protégé la ville d'Orléans, lors d'un siège par les Huns en 451 ; il est invoqué pour les maladies de peau.

Agapit

Il vécut au IIIe. siècle : originaire de Préneste, il est étudiant en droit à Rome lorsqu'il est arrêté comme chrétien et sauvagement martyrisé par le fouet, les charbons ardents, l'eau bouillante ; invoqué pour les femmes en couches et les enfants.

Barbe

Fille d'un satrape d'Asie Mineure au IIIe siècle, elle fut décapitée par son propre père ; celui-ci est sur le champ frappé par la foudre et réduit en cendres : elle est invoquée contre la mort subite et contre les brûlures et les fièvres.

Mathurin

Alors que son père martyrise les chrétiens, il se convertit, est prêtre à 20 ans et il guérit la belle-fille de l'empereur atteinte d'un dérangement cérébral : on l'invoque contre les maladies mentales.

Florian

Officier de l'armée romaine et fonctionnaire en Autriche, il est arrêté alors qu'il tente de réconforter des prisonniers chrétiens et il est jeté dans la rivière Enns, une pierre au cou : il est invoqué contre les noyades.

Remi

Né à Cerny, près de Laon, il devint évêque de Reims ; il baptisa Clovis à Noël 496 avec 3.000 guerriers et consacra ainsi le royaume de France au christianisme ; il est invoqué pour soulager les coquelucheux.

Lambert

D'une famille riche et chrétienne de Maastricht, il est élevé à l'évêché de Tongres et devient le conseiller de Childéric ; destitué de son évêché à la mort du roi, il est assassiné à Liège ; il est invoqué contre les maladies des reins.

Reine

Mal de Sainte Reine : La gale

Décapitée à l'âge de 16 ans en 252 à Alesia (Alise Sainte-Reine). Son culte est attesté par une basilique érigée au Ve siècle sur son sarcophage à Alise. Sa fête est le 7 septembre : à la Sainte Reine, sème ton bon grain. Il existe une autre Sainte Reine qui était veuve et qui fonda un monastère à Denain au VIIIe siècle. Sa fête est célébrée le 1er juillet.

Genou

Mal de Saint Genou : La goutte

Il vécut au IIIe siècle, et sa fête est célébrée le 17 janvier. Envoyé par le pape Sixte II pour évangéliser la Gaule, il résida à Selles St-Denis, qui s'appelait auparavant Selles Saint-Genou, puis il fut évêque de Cahors. Il est particulièrement vénéré en Sologne, et une commune de l'Indre porte son nom.

Etienne

Le premier des sept diacres, il est condamné à être lapidé par le Sanhédrin, en 36, il sera le premier martyr ; tué par des pierres, il est invoqué contre les calculs ou pierres de la vessie.

Ghislain

Ermite allemand, qui vivait retiré dans les forêts et en harmonie avec les jeunes animaux et fut l'ami de St Bernard, il est enterré à Luxembourg ; il protège la délivrance des femmes enceintes et les nouveaux-nés.

Bertin

Originaire de Constance, il sera abbé du monastère de Sithiu, qui est à l'origine de la ville de Saint-Omer où il meurt en 709 ; il guérit le rachitisme et l'épilepsie.

Fiacre

Mal de Saint Fiacre : Les hémorroïdes

Vécut au VIe siècle ; fils du roi d'Écosse, il part en France se retirer près de Meaux où il fonde un couvent et s'y adonne à l'agriculture, utilisant tous les produits de l'exploitation pour nourrir les nombreux pèlerins et malades qui se pressent, attirés par sa renommée. Des envoyés d'Écosse viennent lui proposer la couronne du royaume d'Écosse, mais à sa demande, Dieu le défigure à un point tel que les envoyés renoncent à leur mission. Il meurt dans son ermitage et de nombreux miracles se seraient succédé sur sa tombe.

Gilles (640 – 720)

Mal de Saint Gilles : Le cancer

Athénien de race royale, à la mort de ses parents, il donne tous ses biens aux pauvres puis il quitte son pays et se retire dans une forêt près de Marseille, se contentant pour toute subsistance du lait d'une biche. Lors d'une chasse, Wanda, le roi des Wisigoths, le rencontre et, admiratif, il protège la biche sur le point d'être abattue et fait construire sur le lieu un monastère.

Antoine de Thèbes ou le Cénobite (251 - 356)

Le Feu Saint Antoine : l'ergotisme

Ami de l'évêque d'Alexandrie, Athanase, qui écrira sa vie, il fuira la persécution de l'empereur Dioclétien et deviendra ermite dans le désert d'Égypte ; il est à l'origine de l'érémitisme qui prône la recherche spirituelle dans la solitude, le silence et la méditation. Comme la solitude peut être dangereuse, et très célèbre est l'épisode de sa tentation, où le diable qui aurait pris l'apparence d'un cochon, lui aurait proposé des jeunes femmes désirables à souhait, et à laquelle il aurait résisté, le cochon devenant alors un paisible compagnon : cette péripétie a été reprise en romans (Flaubert), en peinture (Teniers, Bosch, Tiepolo, Véronèse, Cézanne, Dali) et en musique. Il fut élaboré le cénobitisme, qui conseille aux ermites de se regrouper : il y eut jusqu'à 10 000 ermites en Égypte. Arles se targue de conserver les reliques du saint. Il est souvent représenté avec un cochon à ses pieds ou tenant une clochette. Il est invoqué depuis une 'épidémie' d'ergotisme qui eut lieu en France au XIe siècle et pendant laquelle les prières qui lui furent dédiées auraient permis de nombreuses guérisons.

Mathurin

Mal de Saint Mathurin : La folie

Né à Larchant à la fin du IIIe siècle d'un père chargé d'exterminer les chrétiens par l'empereur Maximien, il est baptisé secrètement à 12 ans, convertit ses parents, devient prêtre à 20 ans ; la légende dit qu'il aurait bénéficié d'un don pour calmer les énergumènes et chasser les démons. Sa réputation s'étend : emmené à Rome pour soigner Théodora, la belle-fille de l'empereur, il lui fait boire de l'huile qu'elle vomit avec le démon. Il vécut encore 3 ans à Rome. Son corps fut ramené à Larchant . Invoqué pour les fous et les "épouses insupportables", il est le patron des bouffons, des clowns, mais aussi des marins en Bretagne et des potiers d'étain à Paris. Sa fête est le 1er novembre.

Guy

Mal de Saint Guy : La chorée

Mort en 303, né en Sicile ou en Italie du Sud, fils d'un sénateur païen, aurait été converti par sa nourrice et son précepteur et aurait été martyrisé en leur compagnie sous le règne de Dioclétien, probablement à Rome. Particulièrement vénéré pendant le Moyen Âge et en Allemagne, il est représenté dans un chaudron, tenant un chien en laisse. Sa fête est célébrée le 15 juin.