Dictionnaire des Saints guerisseurs et des Saints dont le nom est associé à une maladie par le Docteur Michel Dupont

Jusqu’au XIXe siècle, l’efficacité de la médecine était très modeste, et les malades préféraient s’adresser aux saints guérisseurs. On donnait les noms des plus célèbres d’entre eux aux maladies qu’ils étaient censés guérir :

Martin

Mal de Saint Martin : L'ivresse

Fils d'un officier de la cavalerie romaine, né en Pannonie vers 316, il est élevé à Pavie où son père s'est retiré. À 10 ans, il demande à être instruit dans la religion chrétienne puis souhaite mener une vie monastique, mais son père, païen, l'enrôle de force dans la cavalerie romaine. Lors d'un passage de sa cohorte près d'Amiens, âgé de 18 ans, il coupe en deux sa cape et en donne la moitié à un mendiant croisé sur la route (pourquoi la moitié, parce que selon la coutume, l'autre moitié ne lui appartenait pas mais appartenait à la cavalerie). À 40 ans, rendu à la vie civile, il se rend à Poitiers où il reçoit de l'évêque St Hilaire le plus bas des ordres mineurs, par humilité. Il part évangéliser la Pannonie puis revient en Gaule : ordonné prêtre, il fonde un monastère à Ligugé où les chrétiens de Tours viennent le kidnapper pour le porter sur le trône épiscopal ; il est sacré le 4 juillet 371. Il fonde un monastère à Marmoutiers où il mène une vie simple. Il aurait évangélisé la région de Trèves et le Luxembourg. Mort en 397, une église est érigée à Tours où se recueilleront Clovis, Charlemagne, Philippe-Auguste, St-Louis, Henri IV, Louis XIV. Sa fête est célébrée le 11 novembre.

Denys l'Aéropagite

Membre d'une famille noble d'Athènes du début de notre ère, il est choisi comme conseiller de l'Aéropage, le tribunal suprême ; converti par la prédication de St Paul, il lui demande le baptême et il fut le premier évêque d'Athènes ; il soigne les céphalées, les vertiges et la jaunisse.

Apolline

Jeune fille vivant à Alexandrie, en 248, lors du massacre des chrétiens, on lui brisa d'abord la mâchoire et les dents puis, comme on lui donnait le choix entre l'apostasie et le bûcher, elle se précipita dans les flammes ; invoquée pour les maux de dents, l'iconographie la montre une tenaille entre les dents.

Mercurial

Chevalier aragonais, il participe à la reconquête de l'Espagne et il est tué à Vielle Louron par les Sarrasins ; il aurait guéri un roi d'Espagne du diabète et il est donc invoqué par les diabétiques.

Eutrope de Saintes

A vécu au Ier siècle ap. J. C. Grec d'origine, il est envoyé par le pape St Clément évangéliser la Saintonge. Il convertit même la fille du gouverneur romain mais il meurt lapidé et achevé d'un coup de hache. Ses reliques sont placées dans la crypte de l'église de Saintes.

André

Pêcheur du lac de Tibériade, disciple de Jean puis apôtre de Jésus, lors de la multiplication des pains, c'est lui qui amène à Jésus le jeune enfant avec les 5 pains et les 2 poissons : il combat les maladies infantiles. Il fut crucifié en Grèce, en l'an 60, sur une croix en X.

Badilon

Originaire du Hainaut, moine à Vézelay, il aurait ramené depuis St-Maximin, les reliques de Marie-Madeleine ; invoqué pendant les épidémies.

Maur

Mal de Saint Maur : La goutte

Moine italien, de l'abbaye du Mont-Cassin, disciple de St-Benoît, il diffusa la règle bénédictine en Gaule au VIe siècle. Célèbre est la légende qui le décrit marchant sur un lac pour sauver le jeune Placide (futur St Placide) tombé à l'eau. Ses reliques sont à l'abbaye de St-Maur-des-Fossés.

Juste

Soldat de l'armée romaine, il subit le martyre d'un casque rougi au feu, qu'on lui enfonça sur la tête : il soulage les céphalées et les maladies nerveuses.

Cunegonde

Impératrice germanique du XIe siècle, elle se retira, une fois veuve, dans le monastère de Kaufungen qu'elle avait fondé et où elle préparait des potions pour la grossesse; son mari aurait accepté qu'elle conserve la virginité à laquelle elle s'était vouée, dès sa jeunesse ; elle est réputée protéger les femmes enceintes car à la Sainte Cunégonde (3 mars) la terre redevient féconde.

Antoine de Padoue

Le Feu de Saint Antoine : les douleurs du zona

Né à Lisbonne en 1195, il entre au monastère augustinien de Sao Vicente puis à Coimbra où il étudie les sciences humaines et la théologie ; prêtre en 1220, il entre chez les Franciscains, séjourne au Maroc qu'il doit quitter pour raison de santé, il arrive en Sicile, puis à Assise où il vit en ermite au Monte Paolo ; puis à la demande de ses supérieurs, il devient prédicateur en Romagne, à Rimini, à Bologne ; à la demande de St François, il enseigne la théologie et il est nommé docteur de l'Église ; il est envoyé prêcher chez les Albigeois, à Montpellier, puis à Limoges, à Bourges, au Puy en Velay ; rentré en Italie, il est supérieur provincial en 1227 ; il séjourne à Padoue où il écrit ses célèbres Sermons et il se retire à l'ermitage de Camposanpierro où il meurt en 1231 ; il fut canonisé dès 1232.

Aignan (358 - 453)

Évêque de Chartres, il aurait protégé la ville d'Orléans, lors d'un siège par les Huns en 451 ; il est invoqué pour les maladies de peau.

Erasme

Évêque d'Antioche au IIIe siècle, il fuit les persécutions au Liban puis en Italie en Campanie où il sera martyrisé, arrosé à l'huile bouillante et ses viscères dénudés et enroulés autour d'un cabestan : il est invoqué pour les maux d'intestin. Comme il prêchait lors d'un violent orage, le ciel resta clément là où il siégeait, les marins l'ont pris comme protecteur.

Leonard

Il combat avec Clovis, son cousin et il est baptisé en même temps que lui puis après avoir vécu en ermite dans les forêts du Limousin, il revient pour évangéliser le peuple et les princes ; il retourne terminer sa vie dans la solitude sylvestre ; il soigne les rhumatismes et l'épilepsie.

Gilles (640 – 720)

Mal de Saint Gilles : Le cancer

Athénien de race royale, à la mort de ses parents, il donne tous ses biens aux pauvres puis il quitte son pays et se retire dans une forêt près de Marseille, se contentant pour toute subsistance du lait d'une biche. Lors d'une chasse, Wanda, le roi des Wisigoths, le rencontre et, admiratif, il protège la biche sur le point d'être abattue et fait construire sur le lieu un monastère.

Eutrope d'Orange

Mal de Saint Eutrope : L'hydropisie

Né à Marseille au début du Ve siècle, se convertit à la mort de sa femme ; ordonné diacre par l'évêque de Marseille, il fut nommé en 463 évêque d'Orange, ruinée par les invasions barbares ; il participa de ses mains à la reconstruction de la ville ainsi qu'au défrichage des champs environnants. Il mourut vers 475 et de nombreux miracles auraient eu lieu sur son tombeau conservé dans la cathédrale d'Orange dont il est le patron.

Amand de Maestricht (594 - 684)

Né près de Nantes, il fut d'abord ermite dans le Berry puis évangélisa la Gaule jusqu'aux Flandres ; Clotaire II l'éleva au siège épiscopal de Maestricht ; il est invoqué pour les maladies de peau.

Laurent

Diacre, il est arrêté en même temps que le pape Sixte II alors que celui-ci célèbre l'Eucharistie, le 6 Août 258 ; torturé afin qu'il livre les archives de l'église ; l'épisode du supplice sur le gril paraît légendaire néanmoins il lui vaut d'être le patron des cuisiniers et d'être invoqué contre le mal de dos.

Ghislain

Ermite allemand, qui vivait retiré dans les forêts et en harmonie avec les jeunes animaux et fut l'ami de St Bernard, il est enterré à Luxembourg ; il protège la délivrance des femmes enceintes et les nouveaux-nés.

Job

Mal de Saint Job : La lèpre

Homme juste et intègre, qui craignait Dieu et se gardait du mal. Ses souffrances et sa patience ont été décrites dans un livre canonique de l'Ancien Testament, le livre de Job, rédigé vers 1600 ans av. J.-C. Il est surtout vénéré en Orient, où d'autres saints orthodoxes portent ce nom :

  • Saint Job de Moscou : métropolite de Moscou et patriarche, qui fut exilé pour avoir soutenu Boris Godounov.
  • Saint Job de Potchaiev, mort en 1651.
  • Saint Job, père spirituel de Pierre le Grand et qui fut exilé au monastère de Solovski, dans le Grand Nord. Il mourut en 1720.

Acaire (569 - 639)

D'origine bourguignonne, il recherchait la solitude et fut placé malgré lui aux évêchés de Noyon et de Tournai, au VIIe. Siècle ; il était réputé pour ses colères : protecteur des fous et des épileptiques.