Dictionnaire des Saints guerisseurs et des Saints dont le nom est associé à une maladie par le Docteur Michel Dupont

Jusqu’au XIXe siècle, l’efficacité de la médecine était très modeste, et les malades préféraient s’adresser aux saints guérisseurs. On donnait les noms des plus célèbres d’entre eux aux maladies qu’ils étaient censés guérir :

Leonard

Il combat avec Clovis, son cousin et il est baptisé en même temps que lui puis après avoir vécu en ermite dans les forêts du Limousin, il revient pour évangéliser le peuple et les princes ; il retourne terminer sa vie dans la solitude sylvestre ; il soigne les rhumatismes et l'épilepsie.

Quentin

Noble citoyen romain, il fut arrêté à Amiens, étiré sur un chevalet, roué de nerfs de bœuf, enduit de graisse bouillante, embroché, cloué et décapité ; 50 ans après son corps fut retrouvé en parfait état et enseveli ; une église fut bâtie en ce lieu ; il est prié contre les entorses, l'hydropisie et la coqueluche.

Fiacre

Mal de Saint Fiacre : Les hémorroïdes

Vécut au VIe siècle ; fils du roi d'Écosse, il part en France se retirer près de Meaux où il fonde un couvent et s'y adonne à l'agriculture, utilisant tous les produits de l'exploitation pour nourrir les nombreux pèlerins et malades qui se pressent, attirés par sa renommée. Des envoyés d'Écosse viennent lui proposer la couronne du royaume d'Écosse, mais à sa demande, Dieu le défigure à un point tel que les envoyés renoncent à leur mission. Il meurt dans son ermitage et de nombreux miracles se seraient succédé sur sa tombe.

Anne

Elle se désespérait d'avoir un enfant quand à un âge déjà avancé, un ange vint l'avertir qu'elle serait mère : et ce fut la naissance de Marie, la mère du Christ : elle est invoquée par les femmes stériles ou en cas de dystocies.

Aldegonde (Cousolre 630 - 684)

Fille d'un notable de la cour du roi Dagobert, elle s'installe en ermite dans la forêt de Malbode (futur Maubeuge) où elle mourut d'un cancer ; on la prie pour les fièvres et migraines, les maladies des yeux et les tumeurs des seins.

Amand de Maestricht (594 - 684)

Né près de Nantes, il fut d'abord ermite dans le Berry puis évangélisa la Gaule jusqu'aux Flandres ; Clotaire II l'éleva au siège épiscopal de Maestricht ; il est invoqué pour les maladies de peau.

Gilles (640 – 720)

Mal de Saint Gilles : Le cancer

Athénien de race royale, à la mort de ses parents, il donne tous ses biens aux pauvres puis il quitte son pays et se retire dans une forêt près de Marseille, se contentant pour toute subsistance du lait d'une biche. Lors d'une chasse, Wanda, le roi des Wisigoths, le rencontre et, admiratif, il protège la biche sur le point d'être abattue et fait construire sur le lieu un monastère.

Bertin

Originaire de Constance, il sera abbé du monastère de Sithiu, qui est à l'origine de la ville de Saint-Omer où il meurt en 709 ; il guérit le rachitisme et l'épilepsie.

Hubert

Fils d'un duc d'Aquitaine, à la cour de Pépin de Herstal, il épouse la fille de Dagobert ; lors d'une chasse, le cerf qu'il poursuivait lui apparut avec une croix entre les bois : il s'engage dans une vie monastique, devient évêque de Maastricht puis de Liège, réputé pour la défense des opprimés et des pauvres ; il est invoqué pour les morsures d'animaux et la rage.

Maur

Mal de Saint Maur : La goutte

Moine italien, de l'abbaye du Mont-Cassin, disciple de St-Benoît, il diffusa la règle bénédictine en Gaule au VIe siècle. Célèbre est la légende qui le décrit marchant sur un lac pour sauver le jeune Placide (futur St Placide) tombé à l'eau. Ses reliques sont à l'abbaye de St-Maur-des-Fossés.

Eutrope de Saintes

A vécu au Ier siècle ap. J. C. Grec d'origine, il est envoyé par le pape St Clément évangéliser la Saintonge. Il convertit même la fille du gouverneur romain mais il meurt lapidé et achevé d'un coup de hache. Ses reliques sont placées dans la crypte de l'église de Saintes.

Antoine de Thèbes ou le Cénobite (251 - 356)

Le Feu Saint Antoine : l'ergotisme

Ami de l'évêque d'Alexandrie, Athanase, qui écrira sa vie, il fuira la persécution de l'empereur Dioclétien et deviendra ermite dans le désert d'Égypte ; il est à l'origine de l'érémitisme qui prône la recherche spirituelle dans la solitude, le silence et la méditation. Comme la solitude peut être dangereuse, et très célèbre est l'épisode de sa tentation, où le diable qui aurait pris l'apparence d'un cochon, lui aurait proposé des jeunes femmes désirables à souhait, et à laquelle il aurait résisté, le cochon devenant alors un paisible compagnon : cette péripétie a été reprise en romans (Flaubert), en peinture (Teniers, Bosch, Tiepolo, Véronèse, Cézanne, Dali) et en musique. Il fut élaboré le cénobitisme, qui conseille aux ermites de se regrouper : il y eut jusqu'à 10 000 ermites en Égypte. Arles se targue de conserver les reliques du saint. Il est souvent représenté avec un cochon à ses pieds ou tenant une clochette. Il est invoqué depuis une 'épidémie' d'ergotisme qui eut lieu en France au XIe siècle et pendant laquelle les prières qui lui furent dédiées auraient permis de nombreuses guérisons.

Marcel

Mal de Saint Marcel : La gangrène

Mort en 310 à Romain, il est élu pape en 308 en remplacement de Marcellin, martyrisé 2 mois avant. Il crée de nouvelles catacombes, divise Rome en 25 paroisses. L'empereur Maxence le fait arrêter et lui demande de sacrifier aux idoles ; il répond que "la Foi lui est plus chère que la vie". Maxence le fait flageller mais ne lui ôte pas la vie, préférant l'humilier en l'enfermant comme esclave dans les écuries impériales. Racheté en secret à ses gardiens par des fidèles, il est de nouveau arrêté par Maxence et condamné à être palefrenier dans un haras établi à l'emplacement d'une église. Il y mourut et fut enseveli dans la catacombe de Priscille. Ce fut le dernier pape martyrisé.

Catherine d'Alexandrie

Après avoir converti la femme de l'empereur Maximinus, le chef de la Garde et 200 gardes, qui seront tous massacrés, elle subira le supplice de la roue puis sera décapitée en 310 ; la légende dit que son corps fut transporté par des anges sur le Mont Sinaï au monastère de la Transfiguration, qui porte depuis son nom. Elle est invoquée dans l'eczéma.

André

Pêcheur du lac de Tibériade, disciple de Jean puis apôtre de Jésus, lors de la multiplication des pains, c'est lui qui amène à Jésus le jeune enfant avec les 5 pains et les 2 poissons : il combat les maladies infantiles. Il fut crucifié en Grèce, en l'an 60, sur une croix en X.

Juste

Soldat de l'armée romaine, il subit le martyre d'un casque rougi au feu, qu'on lui enfonça sur la tête : il soulage les céphalées et les maladies nerveuses.

Eutrope d'Orange

Mal de Saint Eutrope : L'hydropisie

Né à Marseille au début du Ve siècle, se convertit à la mort de sa femme ; ordonné diacre par l'évêque de Marseille, il fut nommé en 463 évêque d'Orange, ruinée par les invasions barbares ; il participa de ses mains à la reconstruction de la ville ainsi qu'au défrichage des champs environnants. Il mourut vers 475 et de nombreux miracles auraient eu lieu sur son tombeau conservé dans la cathédrale d'Orange dont il est le patron.

Barthélémy

Mal de Saint Barthélémy : Les convulsions

Disciple qui accompagne le Christ durant sa vie, part après la Pentecôte évangéliser l'Inde puis l'Arménie où il finit écorché vif. Enterré à Albane, son tombeau y est tellement vénéré par les fidèles que les autorités décident de le jeter à la mer dans un cercueil de plomb qui aurait flotté jusqu'à l'île de Lipari, près de la Sicile.

Antoine de Padoue

Le Feu de Saint Antoine : les douleurs du zona

Né à Lisbonne en 1195, il entre au monastère augustinien de Sao Vicente puis à Coimbra où il étudie les sciences humaines et la théologie ; prêtre en 1220, il entre chez les Franciscains, séjourne au Maroc qu'il doit quitter pour raison de santé, il arrive en Sicile, puis à Assise où il vit en ermite au Monte Paolo ; puis à la demande de ses supérieurs, il devient prédicateur en Romagne, à Rimini, à Bologne ; à la demande de St François, il enseigne la théologie et il est nommé docteur de l'Église ; il est envoyé prêcher chez les Albigeois, à Montpellier, puis à Limoges, à Bourges, au Puy en Velay ; rentré en Italie, il est supérieur provincial en 1227 ; il séjourne à Padoue où il écrit ses célèbres Sermons et il se retire à l'ermitage de Camposanpierro où il meurt en 1231 ; il fut canonisé dès 1232.

Rita

Née à Cascia, en Ombrie, en 1381, après avoir été mariée et mère de jumeaux, veuve, elle rentre au couvent et sa vie légendaire est parsemée de faits miraculeux et de guérisons spectaculaires : elle est la patronne des causes désespérées et elle est invoquée pour guérir les cancers.

Martin

Mal de Saint Martin : L'ivresse

Fils d'un officier de la cavalerie romaine, né en Pannonie vers 316, il est élevé à Pavie où son père s'est retiré. À 10 ans, il demande à être instruit dans la religion chrétienne puis souhaite mener une vie monastique, mais son père, païen, l'enrôle de force dans la cavalerie romaine. Lors d'un passage de sa cohorte près d'Amiens, âgé de 18 ans, il coupe en deux sa cape et en donne la moitié à un mendiant croisé sur la route (pourquoi la moitié, parce que selon la coutume, l'autre moitié ne lui appartenait pas mais appartenait à la cavalerie). À 40 ans, rendu à la vie civile, il se rend à Poitiers où il reçoit de l'évêque St Hilaire le plus bas des ordres mineurs, par humilité. Il part évangéliser la Pannonie puis revient en Gaule : ordonné prêtre, il fonde un monastère à Ligugé où les chrétiens de Tours viennent le kidnapper pour le porter sur le trône épiscopal ; il est sacré le 4 juillet 371. Il fonde un monastère à Marmoutiers où il mène une vie simple. Il aurait évangélisé la région de Trèves et le Luxembourg. Mort en 397, une église est érigée à Tours où se recueilleront Clovis, Charlemagne, Philippe-Auguste, St-Louis, Henri IV, Louis XIV. Sa fête est célébrée le 11 novembre.